Comprendre les sigles et symboles des cartes SD en 2026 : lequel vous garantit quelque chose
Ce que garantit chaque symbole d’une carte SD, classe par classe, avec la conversion en mégabits par seconde qui permet de savoir si un mode vidéo passera.
Par Lucas DominguezMis à jour le 12 min de lecture

L’essentiel
- Un seul groupe de symboles engage le fabricant sur un débit : les classes de vitesse. V30 garantit 30 mégaoctets par seconde en écriture continue, V60 en garantit 60, V90 en garantit 90. Tout le reste de l’emballage décrit des pointes.
- Pour savoir si un mode vidéo passe, multipliez la garantie par huit : une V30 couvre 240 mégabits par seconde, une V60 en couvre 480, une V90 en couvre 720.
- U3 et V30 disent exactement la même chose. Une carte qui porte les deux n’est pas plus rapide qu’une carte qui n’en porte qu’un.
- A1 et A2 ne parlent pas de vidéo. Ils portent sur les accès aléatoires et n’assurent que 10 mégaoctets par seconde en écriture continue.
- Le multiplicateur x n’est pas une classe : un x vaut 150 kilooctets par seconde, et le nombre affiché décrit une vitesse de lecture en pointe.
Une carte SD porte entre six et dix marquages sur sa face avant. Trois d’entre eux garantissent quelque chose, les autres décrivent, et un au moins ne veut rien dire pour un photographe. Cette page dit lequel est lequel, et donne la seule opération à faire pour savoir si une carte convient à un boîtier.
Les définitions viennent de la SD Association, l’organisme qui publie la spécification et dépose les logos. Elles sont publiques, et elles sont beaucoup plus courtes que ce que la présentation des cartes laisse croire.
Trois familles de symboles, et une seule promet un débit
La première famille dit combien la carte stocke et dans quel système de fichiers : ce sont les sigles SD, SDHC, SDXC et SDUC. La deuxième dit quel débit d’écriture la carte tient sans faiblir : ce sont les classes de vitesse. La troisième dit à quelle cadence la carte répond à des demandes dispersées : ce sont les classes d’application, A1 et A2.
Une quatrième mention apparaît aussi, mais ce n’est pas une garantie de la carte : le bus, UHS-I, UHS-II, UHS-III ou SD Express, qui décrit le tuyau par lequel les données passent. La SD Association le dit sans détour : la vitesse maximale diffère de la vitesse du bus, et elle varie selon la performance de la carte.
Seule la deuxième famille engage un débit d’écriture. C’est elle qu’un boîtier vérifie quand il refuse un mode d’enregistrement, et c’est elle qui décide en rafale comme en vidéo.
Les lettres de capacité : SD, SDHC, SDXC, SDUC
Ces quatre sigles ne parlent que de capacité et de système de fichiers. Un boîtier qui accepte le SDXC accepte aussi le SDHC, l’inverse n’étant pas vrai : une carte SDXC dans un appareil qui ne connaît que le SDHC ne sera pas reconnue, quelle que soit sa classe de vitesse.
Le système de fichiers explique le reste. Le passage du FAT32 à l’exFAT, à 32 gigaoctets, est ce qui interdit la reconnaissance par un appareil ancien. C’est aussi ce qui lève la limite de taille de fichier qui coupait les vidéos en morceaux de quatre gigaoctets.
Les quatre familles de capacité définies par la SD Association
| Sigle | Capacité | Système de fichiers |
|---|---|---|
| SD | jusqu’à 2 Go | FAT12 et FAT16 |
| SDHC | plus de 2 Go et jusqu’à 32 Go | FAT32 |
| SDXC | plus de 32 Go et jusqu’à 2 To | exFAT |
| SDUC | plus de 2 To et jusqu’à 128 To | exFAT |
Les chiffres de vitesse, et ce que chacun garantit
La SD Association définit la vitesse d’une carte comme la vitesse minimale à laquelle son écriture continue est assurée. Ce n’est pas une moyenne ni une pointe : c’est un plancher.
Trois notations coexistent, héritées de trois moments de la spécification. La Speed Class, un chiffre dans un C, va de 2 à 10. La UHS Speed Class, un chiffre dans un U, vaut 1 ou 3. La Video Speed Class, un chiffre précédé d’un V, va de 6 à 90. Dans les trois cas, le nombre affiché est la garantie en mégaoctets par seconde.
Deux conséquences pratiques en découlent. La première est que U3 et V30 garantissent la même chose, 30 mégaoctets par seconde, et qu’une carte qui porte les deux logos n’en tire aucun avantage. La seconde est que V60 et V90 exigent un bus UHS-II ou supérieur : aucune carte UHS-I ne porte ces marquages.
Ce que chaque marquage de vitesse garantit en écriture continue
| Marquage | Écriture soutenue garantie | Équivalent en débit vidéo |
|---|---|---|
| Class 2, 4, 6, 10 | 2, 4, 6 ou 10 Mo/s | 16 à 80 Mbps |
| U1 | 10 Mo/s | 80 Mbps |
| U3 | 30 Mo/s | 240 Mbps |
| V6 | 6 Mo/s | 48 Mbps |
| V10 | 10 Mo/s | 80 Mbps |
| V30 | 30 Mo/s | 240 Mbps |
| V60 | 60 Mo/s | 480 Mbps |
| V90 | 90 Mo/s | 720 Mbps |
L’opération à faire avant d’acheter
Les fabricants de cartes comptent en mégaoctets par seconde, les constructeurs de boîtiers annoncent leurs modes vidéo en mégabits par seconde. Un octet vaut huit bits : la conversion est une multiplication par huit, et c’est la seule opération de cette page.
La règle qui en découle tient en une phrase. Cherchez le débit du mode que vous voulez filmer dans le manuel de votre boîtier, en mégabits par seconde, et prenez une carte dont la classe garantit davantage. Une V30 couvre jusqu’à 240 mégabits, une V60 jusqu’à 480, une V90 jusqu’à 720. Sur un appareil photo 4K courant, le mode le plus lourd se situe entre 100 et 200 mégabits, et une V30 suffit.
Ce calcul se vérifie contre les règles que publient les constructeurs eux mêmes. L’un d’eux impose une V90 pour un film à 720 mégabits par seconde, une V60 à 360, une U3 à 100 et 200 : les trois seuils tombent exactement dans ces bornes, et le premier coïncide au bit près avec la garantie de la classe. Un autre écrit qu’une carte SD ne peut pas enregistrer au dessus de 600 mégabits, et demande une V90 pour atteindre 600.
Au dessus de 720 mégabits par seconde, le format de carte change : aucune classe SD ne garantit davantage, et il faut un logement CFexpress. C’est le cas des modes les plus lourds des boîtiers de tournage. Le choix des produits eux mêmes relève du comparatif de cartes mémoire de ce site, que cette page ne double pas.

A1 et A2 : un sigle qui ne parle pas de photographie
Les classes d’application ont été créées pour un tout autre usage : faire tourner des applications depuis une carte mémoire dans un téléphone. Elles garantissent un nombre d’accès aléatoires par seconde, en lecture et en écriture, sur des blocs de quatre kilooctets.
Leur garantie séquentielle, celle qui compte pour la vidéo, est de 10 mégaoctets par seconde pour A1 comme pour A2. Une carte marquée A2 sans marquage vidéo ne garantit donc que 80 mégabits par seconde, quel que soit le chiffre imprimé à côté.
Sur une carte d’appareil photo, ces sigles n’apportent rien de photographique. Ils ne nuisent pas non plus : ils sont simplement orthogonaux au sujet.
Ce que garantissent A1 et A2
| Marquage | Lectures aléatoires par seconde | Écritures aléatoires par seconde | Écriture séquentielle garantie |
|---|---|---|---|
| A1 | 1 500 | 500 | 10 Mo/s |
| A2 | 4 000 | 2 000 | 10 Mo/s |
Le bus : un tuyau, pas un débit
Le bus se reconnaît à l’œil : une carte UHS-II ou UHS-III porte une seconde rangée de contacts au dos. Si le logement du boîtier ne la possède pas, cette rangée ne sert à rien et la carte fonctionne à la vitesse UHS-I, sans perdre pour autant sa garantie de classe.
Les valeurs du bus sont publiées par la SD Association et décrivent le maximum théorique de l’interface. Elles ne décrivent jamais la performance d’une carte particulière, ce que l’organisme précise lui même.
Une dernière famille existe, SD Express, qui reprend le protocole des disques internes et annonce de 985 à 3 940 mégaoctets par seconde. Nous n’avons trouvé aucun boîtier photo de 2026 qui l’exploite, et une carte SD Express placée dans un appareil actuel fonctionne au débit UHS-I.
Les vitesses maximales de chaque bus, selon la spécification
| Bus | Vitesse maximale de l’interface |
|---|---|
| Default Speed | 12,5 Mo/s |
| High Speed | 25 Mo/s |
| UHS-I | 50 Mo/s en SDR50 et DDR50, 104 Mo/s en SDR104 |
| UHS-II | 156 Mo/s en duplex intégral, 312 Mo/s en semi-duplex |
| UHS-III | 312 et 624 Mo/s en duplex intégral |
| SD Express | de 985 à 3 940 Mo/s selon la génération PCIe |
Les mentions qui ne garantissent rien
Le multiplicateur x revient souvent dans les noms de série : 1800x, 2000x. Il vient de la vitesse du disque compact audio, et un x vaut 150 kilooctets par seconde. Un 2000x décrit donc 300 mégaoctets par seconde, et cette valeur est une vitesse de lecture en pointe, jamais une garantie d’écriture.
La formule « jusqu’à » est à lire comme elle est écrite. Sur la fiche d’une carte annoncée jusqu’à 300 mégaoctets par seconde en écriture, l’engagement figure trois lignes plus bas, en note : une écriture soutenue minimale de 90 mégaoctets par seconde, c’est à dire la garantie de la classe V90 et rien de plus.
Une même série peut aussi changer de performance selon la capacité sans changer de nom ni de classe. Sur une gamme V30 courante, la fiche annonce jusqu’à 140 mégaoctets par seconde en écriture pour les capacités de 256 gigaoctets et au dessus, et jusqu’à 90 seulement pour 64 et 128 gigaoctets.
UDMA et VPG : les sigles de l’autre format
UDMA n’appartient pas au monde de la carte SD. C’est un mode de transfert de la CompactFlash, ce format carré qui équipait les reflex professionnels. UDMA 7, le dernier de la série, autorise un débit d’interface allant jusqu’à 167 mégaoctets par seconde, contre 133 pour UDMA 6.
Comme le bus des cartes SD, ce nombre décrit l’interface et non la carte. La spécification CF 6 qui l’accompagne autorise des capacités jusqu’à 144 pétaoctets et des vitesses mesurables jusqu’à 167 mégaoctets par seconde.
Le sigle VPG, pour Video Performance Guarantee, est l’équivalent CompactFlash des classes vidéo : un logo VPG-20 signifie que l’ensemble carte et appareil a été testé pour un flux vidéo soutenu jusqu’à 20 mégaoctets par seconde. Le nombre qui suit VPG est, là aussi, une garantie en mégaoctets par seconde.
Ces deux sigles se rencontrent encore sur le marché de l’occasion et sur des boîtiers anciens. Un logement CompactFlash n’accepte aucune carte SD, et réciproquement.
Ce que cette page ne fait pas
Elle ne mesure aucune carte. Toutes les valeurs citées sont des définitions de la SD Association, des règles publiées par des constructeurs de boîtiers, ou des chiffres lus sur les fiches des fabricants. La seule opération appliquée est une multiplication par huit.
Elle ne recommande pas de modèle, hormis la carte citée plus haut pour illustrer les marquages. Le choix d’un produit dépend du boîtier, du mode filmé et du budget, et il relève du comparatif de cartes mémoire de ce site.
Elle ne traite pas non plus la fiabilité ni la récupération de fichiers effacés. Les fabricants annoncent des essais internes en conditions contrôlées, sans protocole commun, et ces mentions ne se comparent pas d’une marque à l’autre. Pour l’entretien du matériel lui même, voyez notre page sur le nettoyage d’un appareil photo.
Questions fréquentes
Que veut dire V30 sur une carte SD ?
Que le fabricant garantit une écriture continue d’au moins 30 mégaoctets par seconde. Converti dans l’unité des constructeurs de boîtiers, cela fait 240 mégabits par seconde, ce qui couvre les modes 4K annoncés à 100 et 200 mégabits.
U3 et V30 sont ils différents ?
Non. Les deux marquages garantissent 30 mégaoctets par seconde en écriture continue. Ils viennent de deux moments différents de la spécification, et une carte qui porte les deux n’est pas plus rapide qu’une carte qui n’en porte qu’un.
À quoi sert le sigle A2 pour un photographe ?
À rien de photographique. Il garantit 4 000 accès aléatoires en lecture et 2 000 en écriture par seconde, pour faire tourner des applications. Sa garantie d’écriture continue n’est que de 10 mégaoctets par seconde, soit le niveau d’une carte de base.
Qu’est ce que l’UDMA 7 d’une carte CompactFlash ?
Un mode de transfert de l’interface CompactFlash, qui autorise jusqu’à 167 mégaoctets par seconde contre 133 pour UDMA 6. C’est une vitesse d’interface, pas une garantie d’écriture. L’équivalent des classes vidéo s’y appelle VPG, et le nombre qui le suit est la garantie en mégaoctets par seconde.
Une carte UHS-II sert elle dans un boîtier UHS-I ?
Elle fonctionne, à la vitesse UHS-I, dont la spécification plafonne à 104 mégaoctets par seconde. La seconde rangée de contacts qui porte le débit supplémentaire n’est pas lue. Sa garantie de classe, elle, reste acquise.
Que signifie 2000x sur le nom d’une carte ?
Un x vaut 150 kilooctets par seconde, donc 2000x décrit 300 mégaoctets par seconde. C’est une vitesse de lecture en pointe, héritée du disque compact audio, et elle ne dit rien de l’écriture garantie. Cherchez plutôt le V et le chiffre qui le suit.
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