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Reflex ou hybride : Que choisir en 2019 ?

Rédigé par Image Numérique

La question de choisir entre un reflex et un appareil photo hybride est toujours d’actualité, alors quels sont les avantages et les inconvénients de chaque type d’appareil ?

Les appareils photos hybrides sont sur le marché depuis ces dix dernières années, mais ce n’est que récemment qu’ils sont devenus de sérieux concurrents, menaçants la suprématie jusque-là absolue des reflex. 2018 aura été « l’année des hybrides plein format » avec pas moins de quatre constructeurs se lançant sur ce segment du marché pour la première fois. Les hybrides offrent maintenant une gamme complète allant de l’appareil entrée de gamme pour débutants, jusqu’aux modèles conçus pour un usage professionnel et si vous êtes par exemple un fan inconditionnel de Canon, cette année, le « meilleur appareil photo Canon » pourrait très bien s’avérer être un hybride, autant qu’un reflex. Tout n’est pourtant pas question que de plein format, Sony par exemple a fait le choix de se concentrer sur les appareils APS-C, plus abordables avec son A7000, appareil haut de gamme dont nous avons beaucoup entendu parler.

L’arrivée de l’EOS R, l’hybride plein format de chez Canon en 2018 marque un tournant pour le marché la photographie et de la vidéo.

Avec les nouveaux arrivés de 2018 comme les Nikon Z 6 et Z 7, le Canon EOS R et les Panasonic S1R et S1, les hybrides se mesurent également aux reflex au niveau de l’entrée de gamme et certains suggèrent même que les reflex auraient fait leur temps. Mais rien n’est moins sûr.

Le design des appareils photo hybrides est très convaincant. Beaucoup de photographes ont déjà troqué leurs reflex contre un hybride. Beaucoup d’autres, cependant, hésitent encore et continuent de se poser la même question : les hybrides sont-ils vraiment meilleurs que les reflex ?

Pour faire court, la réponse est que les hybrides sont meilleurs que les reflex sur certains points et disposent également d’avantages uniques. Cependant, pour de nombreuses autres raisons les novices, ainsi que les professionnels peuvent toujours mieux s’y retrouver avec un reflex – d’autant plus qu’un reflex entrée de gamme est toujours le moyen le plus abordable de se lancer sérieusement dans la photographie.

Dans cet article nous allons donc étudier les différences clés en matière de technologie et de design pour enfin trancher la question qui est de savoir : qui est le meilleur entre un reflex et un hybride. Sachez toutefois que la réponse ne sera pas forcément la même pour tout le monde !

Quelles sont donc les différences ?

Les reflex et les hybrides vous permettent de voir l’image que vous cadrez à travers leurs objectifs respectifs, mais la façon dont ils l’affichent est complètement différente.

Le système reflex (SLR) a été inventé bien avant les capteurs numériques, quand le seul moyen d’afficher l’image cadrée dans le viseur était d’utiliser un miroir situé dans le boîtier qui réfléchissait l’image captée par l’objectif jusque dans le viseur. Avec ces appareils, quand vous déclenchez, le miroir se relève brièvement pour permettre au film photographique d’être exposé à la lumière. La seule différence qui existe entre ces anciens SLR (Reflex mono objectifs) et les reflex numériques actuels (DSLR) est que la pellicule a été remplacée par un capteur numérique.

Le schéma est en anglais mais il reste assez parlant. Dans le cas du reflex (SLR), la lumière et donc l’image sont renvoyés dans le viseur grace au miroir incliné. Dans le cas de l’hybride, l’image que vous verrez sera toujours « numérique », même si votre appareil est équipé d’un viseur « optique ».

Les appareils photo hybrides utilisent une approche différente. Ils utilisent le « Live View » directement capturé par le capteur et l’affichent dans le viseur électronique. De cette manière, ils n’ont pas besoin d’utiliser de miroir, ni de viseur optique. C’est la raison pour laquelle vous verrez souvent ces appareils qualifiés de mirrorless plutôt que d’hybride, c’est notamment le terme qui l’emporte sur les marchés étrangers.

Mais ce qui semblerait être une situation où ils cumulent les avantages, se révèle en fait un peu plus complexe. Beaucoup de photographes préfèrent les viseurs optiques des reflex, les fabricants d’appareils photos hybrides ont dû développer de nouvelles technologies autofocus pour se mesurer au système des reflex et les hybrides ne sont toujours pas à la hauteur des reflex en ce qui concerne l’autonomie de la batterie et même – selon beaucoup d’utilisateurs – en ce qui concerne l’ergonomie générale et la prise en main.

Reflex vs hybrides : Le système autofocus

Quand les appareils photo hybrides furent mis sur le marché leur technologie de mise au point était la même que celle utilisée par les compacts, un système connu sous le nom d’autofocus à détection de contraste. Il mesure à l’aide du capteur principal le point où le contraste est le plus élevé en faisant passer le zoom sur toute sa plage de mise au point et c’est ensuite ce même capteur qui enregistre l’image. Cette méthode permet un résultat très précis : vous obtenez ce que vous voyez.

Mais ce système se révèle également assez inefficace. En effet, l’appareil doit parcourir toute sa plage de mise au point de zéro à l’infini pour trouver l’endroit où l’image est la plus nette. Les appareils photo compact sont équipés d’objectifs beaucoup plus petits composés d’éléments beaucoup plus légers et ces derniers peuvent donc bouger plus rapidement pendant la mise au point. Les appareils photo hybrides sont équipés de capteurs de grande taille et aussi d’optiques aux éléments internes beaucoup plus gros et plus lourd et cette méthode de mise au point par tâtonnement se révèle d’une lenteur frustrante.

Les premiers appareils hybrides utilisaient un système d’autofocus à détection de contraste ce qui pouvait prendre un temps considérable lors de la mise au point. En effet, ce système oblige l’appareil à passer sur toute la plage optique pour détecter l’endroit le plus net.

Les reflex utilisent une technologie de mise au point différente appelée autofocus à détection de phase. Cette méthode est beaucoup plus rapide que l’autofocus à détection de contraste, car elle compare deux versions de votre sujet prises depuis deux angles différents et peut ainsi rapidement déterminer de quel côté l’objectif doit faire la mise au point et de combien. Techniquement, cette méthode peut aboutir à un résultat moins précis, puisque le capteur utilisé pour faire la mise au point n’est pas le capteur principal, mais elle a l’avantage d’être plus rapide.

Les appareils photo hybrides ne peuvent pas utiliser un capteur de détection de phase séparé car il empêcherait la lumière d’atteindre le capteur principal, c’est pourquoi, pendant longtemps, les hybrides n’ont pas pu tenir la comparaison face aux reflex au niveau de la vitesse de mise au point. Mais rapidement, les fabricants d’appareils photo hybrides ont trouvé la solution à ce problème – ils ont réussi à intégrer un autofocus à détection de phase dans le capteur lui-même. Les derniers systèmes autofocus hybrides utilisent des autofocus à détection de phase à collimateurs pour la vitesse, conjugués à des autofocus à détection de contraste pour la précision et sont ainsi capables de se mesurer aux reflex pour la vitesse de mise au point.

Pour le moment Canon et Nikon ont pris deux directions différentes dans leurs approches des technologies reflex et hybrides. Le reflex D850 de Nikon par exemple, utilise un autofocus à détection de phase quand vous photographiez à l’aide du viseur, mais bascule sur un autofocus à détection de contraste pour les photos prises à l’aide du Live View, alors que l’hybride Z 6 de la marque est équipé d’un autofocus à détection de phase sur son capteur qui est utilisé à la fois pour les photos prises à l’aide du viseur et du Live View – l’hybride Nikon possède donc un avantage technique.

Canon de son côté, utilise un autofocus à détection de phase intégré à son capteur Dual Pixel CMOS pour ses hybrides mais aussi pour ses reflex, le reflex EOS 5D Mark IV est ainsi équipé d’un autofocus à détection de phase à la fois pour les photos prises à l’aide du viseur (via un capteur dédié) et à l’aide du Live View (via le capteur principal). Les appareils hybrides EOS R et RP de Canon, utilisent une version plus sophistiquée de ce système d’autofocus intégré au capteur Dual Pixel CMOS pour les prises de vues via le viseur ou le Live View, mais la différence de performance technique entre les hybrides et les reflex de la marque reste mineure.

L’autofocus des appareils hybrides (ou mirrorless) est devenu tellement puissant que même les photographes sportifs voient des modèles qui leur sont directement adressés. Ainsi le Sony A9 vient se positionner dans le haut de gamme des hybrides plein format pour les photographes exigeants.

Le système de mise au point n’est qu’une partie des caractéristiques faisant qu’un appareil est plus adapté à un certain usage qu’un autre et beaucoup de photographes de sport continueront à préférer les reflex aux appareils photo hybrides. Cela dit, les hybrides sont actuellement tout à fait capables d’effectuer ce genre de photographies, alors qu’ils en auraient été totalement incapables il n’y a pas si longtemps.

Reflex vs hybrides : Le viseur

De par leur design les appareils photo hybrides ne peuvent proposer qu’un viseur électronique. La technologie utilisée s’est grandement améliorée ces derniers temps, mais ces viseurs divisent toujours autant l’opinion ! Les premiers viseurs électroniques n’avaient pas une assez bonne définition pour afficher une scène avec la clarté et les détails d’un viseur optique, ils souffraient également de tellement de latence d’affichage, autrement dit de « lag » que quand vous bougiez l’appareil il devenait difficile de suivre efficacement un objet en mouvement.

Les premiers viseurs électroniques étaient particulièrement mauvais, mais actuellement les meilleurs viseurs électroniques du marché vous offrent une définition tellement haute qu’il devient quasiment impossible de distinguer les « points » qui les composent et leur luminosité se rapproche de celle d’un viseur optique. Le nouvel appareil Lumix S de Panasonic est équipé du viseur offrant la meilleure définition actuellement disponible et monte à 5 millions de points.

Le lag du viseur n’est actuellement plus un problème grâce aux meilleurs taux de rafraîchissement et les fabricants concentrent actuellement leurs efforts pour régler le problème du voile noir ou « blackout » du viseur qui se produit parfois lors de la prise de photos en rafale. Sony a réussi à complètement éliminer ce problème sur son modèle A9 et Panasonic annonce désormais la même chose pour son G9.

Les viseurs des appareils hybrides sont aujourd’hui si performants que vous ne percevrez à peine qu’il ne s’agit pas d’une image « optique ».

En plus de tout cela, les viseurs électroniques vous permettent de voir l’image avec tous les changements d’exposition, de balance des blancs, de réglage de couleur et autres que vous pourriez choisir d’utiliser, car ils sont instantanément appliqués à l’image que vous voyez. Les viseurs optiques sont incapables de faire la même chose.

La plupart des viseurs électroniques peuvent aussi être utilisés pour afficher une vision plus claire d’une scène en basse lumière – un avantage souvent sous-estimé – et les meilleurs offrent un résultat clair et pour la plupart, non bruité, même dans ces conditions difficiles.

Les points positifs des viseurs optiques

Il est vrai qu’un viseur optique ne montre pas une image numérique de la scène cadrée, mais de toute manière, c’est tout de même ce qui sera affiché sur l’écran arrière de votre appareil une fois que vous aurez pris la photo.

De plus, beaucoup de photographes préfèrent la vision comme à « l’œil nu » offerte par un viseur optique plutôt qu’un rendu numérique de la scène. C’est une erreur de penser que les viseurs électroniques sont forcément plus « précis » car ce qu’ils affichent dépend non seulement des réglages que vous avez appliqués à votre appareil (et que vous pourrez changer par la suite si vous photographiez en RAW) mais également de la qualité, du contraste et de l’étalonnage du viseur lui-même. Ces viseurs affichent souvent une image plus contrastée que l’image qui sera réellement enregistrée par le capteur et peuvent ainsi vous induire en erreur en vous faisant corriger des réglages qui n’auraient pas eu besoin de l’être, comme les réglages d’exposition par exemple.

Mais les viseurs optiques sont eux aussi devenus plus intelligents. Les panneaux LED superposés au cadre principal en sont le meilleur exemple et ces viseurs sont en mesure d’afficher plus d’informations que jamais auparavant. C’est le principe utilisé par la technologie du Viseur Intelligent de Canon.

Les viseurs optiques bénéficient d’un autre avantage clé particulièrement utile pour les photographes de sport et d’action. Il y a un blackout inévitable du viseur entre les prises de vues en rafale, car le miroir se lève et s’abaisse à chaque déclenchement, mais c’est rarement un problème – le point important ici est qu’il n’y a pas de lag et qu’il est ainsi beaucoup plus facile de suivre un objet bougeant rapidement avec un reflex ultra rapide comme le D500 de Nikon par exemple, plutôt qu’avec un appareil photo hybride.

Reflex vs hybrides : L’autonomie de la batterie

La plupart des reflex, même ceux de base vous offrent facilement et sans sourciller jusqu’à 600 vues par charge et beaucoup vont même jusqu’à quatre chiffres. Le reflex entrée de gamme de Nikon par exemple, le D3500 offre une autonomie montant à 1 550 vues sur une seule charge. Les meilleurs reflex sur ce point peuvent monter jusqu’à 4 000 vues par charge, même s’il est vrai que leurs batteries sont bien évidemment beaucoup plus grosses.

Les hybrides par contre sont beaucoup moins impressionnants sur ce point, offrant en moyenne 350-400 vues par charge, mais certains se contentent de beaucoup moins. Le modèle A7R III de Sony dispose d’une autonomie étendue allant jusqu’à 650 vues par charge, ce qui représente environ le double de ses prédécesseurs et constitue donc un grand pas en avant, mais d’un autre côté le nouveau EOS RP de chez Canon n’arrive qu’à atteindre les 250 vues. L’autonomie de la batterie est donc un problème pour les appareils photo hybrides, mais à quoi est-ce dû ?

Pour le moment l’autonomie reste l’avantage des appareils reflex qui sont moins gourmands en énergie que leurs petits frères, les hybrides.

Premièrement, les hybrides sont plus dépendants de la batterie que les reflex. Leurs écrans LCD sont par exemple tout le temps allumés et quand ils ne le sont pas, ce sont les viseurs électroniques qui le sont et les deux nécessitent une bonne dose de puissance. À l’inverse, les viseurs optiques des reflex n’ont besoin que d’une toute petite quantité d’énergie pour afficher les différentes informations et surimpressions LED.

De plus, la majorité des fabricants tend à réduire le plus possible la taille de ses appareils photo hybride ce qui sous-entends également de réduire la taille de leurs batteries et limite donc leurs capacités. De nombreux hybrides disposent aussi d’une stabilisation intégrée dans leur boîtier ce qui réduit encore plus la durée de vie de leurs batteries (vous remarquerez toutefois que l’autonomie de la batterie est d’un coup moins impressionnante quand la stabilisation de l’objectif est activée sur un reflex et pas seulement sur un hybride).

Il est bien sûr possible d’acheter des batteries de rechange pour les deux types d’appareils, savoir si c’est un point dissuasif ou non est donc discutable. Un des avantages des hybrides cependant est que beaucoup offrent le chargement par USB, comme le A6400 de Sony, ce qui se révèle très pratique, notamment en voyage.

Reflex vs hybrides : La taille et la prise en main

L’avantage le plus souvent mis en avant des appareils hybrides est qu’ils sont conçus pour être beaucoup plus petits que les reflex. Bien que les technologies de traitement d’image et les capteurs varient d’un reflex et d’un hybride à l’autre, le fait que beaucoup d’hybrides soient équipés des mêmes capteurs APS-C et plein format que les reflex, signifie qu’aucun des deux systèmes ne possède d’avantage réel en matière de qualité d’image. En fait, c’est même l’argument de vente principal du système hybride : la même taille de capteur et la même qualité d’image qu’un reflex sans l’encombrement.

Le Canon EOS M50, par exemple, possède le même capteur et la même technologie que les reflex équivalents de chez Canon, mais mesure une fraction de sa taille.

La raison principale est que les reflex sont équipés d’un miroir derrière la monture de l’objectif ainsi qu’un viseur optique monté au-dessus, alors que les hybrides n’ont rien de tout ça. Sur un reflex entrée de gamme équipé d’un « pentamiroir » comme leD3500 de Nikon, cela n’a pas vraiment d’incidence sur le poids de l’appareil, mais les reflex plus avancés disposant d’un prisme en verre sont plus lourds.

Des compromis sont souvent faits pour rendre les boîtiers des appareils photo hybrides si compacts, notamment sur la taille du capteur, la taille des batteries, mais aussi la manière dont l’appareil se comportera avec les gros objectifs et combien de contrôles externes pourrons être intégrés.

Certains hybrides ressemblent à des reflex en miniature alors que d’autres ont des formes rectangulaires de petits « télémètres ». Ces derniers sont souvent destinés au marché des débutants ou à ceux venant de la photographie sur smartphone, plus habitués aux écrans tactiles qu’aux boutons physiques et n’étant pas gênés par un boîtier dépouillé. Le PEN E-PL9 d’Olympus est le parfait exemple de ces petits hybrides destinés à ce nouveau marché.

Les petits boîtiers impliquent de petits boutons et les utilisateurs aux grandes mains, pourraient éventuellement trouver les contrôles physiques des boîtiers hybrides bien inconfortables. Et ça s’applique également aux écrans tactiles, les boutons virtuels et les différents contrôles sont souvent trop petits pour être activés confortablement, donc bien que le D850 de Nikon paraisse énorme comparé aux hybrides plein format, beaucoup parmi les professionnels qui l’utilisent apprécient sa taille car elle leur permet de voir et de changer les réglages de l’appareil plus facilement – et aussi parce qu’il est plus équilibré avec de gros objectifs, ce que nous allons développer dans le paragraphe suivant.

Reflex vs hybrides : Le parc optique

Quiconque opte aujourd’hui pour un reflex EOS de Canon dispose d’un choix d’optiques native produites depuis plus de 30 ans, plus toutes les autres options des constructeurs tiers. Les utilisateurs de Nikon et Pentax sont sans doute encore mieux servis car leurs systèmes respectifs acceptent sans problème les objectifs de modèles encore plus anciens, même sans adaptateurs (mais avec quelques limitations tout de même). C’est particulièrement vrai pour les reflex plein formats comme l’EOS 6D II de Canon, le D850 de Nikon et le K1 Mark II de Pentax.

Les fabricants d’hybrides n’ont pas eu ce genre d’avantage, bien qu’il n’ait pas fallu longtemps à Sony pour produire une gamme impressionnante d’objectifs pour ses hybrides plein format à monture FE et de son côté Panasonic a été suffisamment intelligent pour conclure une alliance avec Sigma et Leica afin de s’assurer de disposer de 40 objectifs natifs plein format pour sa nouvelle gamme S, d’ici fin 2020.

Sony a eu l’excellente idée de développer une gamme complète d’objectifs pour ses appareils hybrides plein format.

Nikon et Canon ont été particulièrement inspirés avec leurs nouvelles gammes d’appareils photo hybrides plein format. Les Z 6 et Z 7 de Nikon disposent d’une gamme réduite, mais en pleine croissance d’objectifs natifs et vous pouvez également vous procurer un adaptateur pour monture FTZ qui vous permettra de monter n’importe quel objectif reflex Nikon actuel sans aucunes restrictions. Canon a aussi développé une gamme d’adaptateurs pour ses nouveaux hybrides plein formats EOS R et EOS RP les ouvrant par la même occasion à toute la gamme des optiques reflex EF.

Fujifilm et Olympus quant à eux ont également eu le temps de développer leurs propres gammes d’objectifs natifs, au point qu’aucune de ces gammes d’appareils photo hybrides (une fois que le système Panasonic S aura rattrapé tout le monde) ne sera vraiment désavantagé question choix d’objectifs.

Les optiques hybrides sont-elles vraiment plus petites ?

C’est sur ce point que l’engouement pour les hybrides risque de retomber. Les fabricants d’appareils photo hybrides peuvent effectivement se targuer de fabriquer des boîtiers beaucoup plus petits que ceux des reflex, mais ils ne peuvent pas en dire autant de leurs objectifs.

Il existe une limite technique difficilement contournable qui veut que la taille du capteur influence grandement la taille des objectifs qui vont avec. Certains fabricants ont fait le choix de proposer des objectifs de petite taille ou rétractables qui font gagner quelques précieux centimètres, mais ces derniers ne sont pas sans compromis et quand les constructeurs produisent des objectifs destinés à se mesurer à leurs équivalents reflex en termes de spécifications et de performances, ils finissent par mesurer à peu près la même taille qu’eux.

Alors que l’argument principal de la technologie hybride reste le côté compact des appareils, les optiques sont souvent de même envergure que ceux des reflex. La prise en main est donc moins équilibré puisque tout le poids de l’appareil se trouve porté à l’avant.

C’est un point qui remet sérieusement en cause l’argument « les hybrides sont plus compacts » et cause également certains problèmes de prise en main avec certaines combinaisons boîtier/objectif. Les boîtiers de la série A7 de Sony par exemple sont particulièrement petits, mais beaucoup des objectifs compatibles – en particulier ceux de la série haut de gamme G Master – sont étonnamment gros. Et vous serez peut-être même amenés à vous acheter un grip pour pouvoir tenir plus confortablement votre appareil équipé de ces objectifs.

Reflex vs hybrides : La vidéo

C’est sur ce point que les appareils photo hybrides disposent d’un avantage considérable et ce, pour deux raisons principales. Premièrement, leur design les rend beaucoup plus adaptés à l’utilisation constante du « Live View » nécessaire à la capture de vidéos. Deuxièmement, c’est sur ces modèles que les fabricants concentrent leurs technologies de capture vidéo, vous bénéficierez donc des meilleures fonctionnalités vidéo et des meilleures performances avec un hybride.

Les reflex peuvent également filmer

En fait c’est là qu’à vraiment commencé la vidéo grand public avec des appareils à objectifs interchangeables. Le D90 de Nikon a introduit la vidéo HD sur le marché grand public et l’EOS 5D II de Canon a fait passer les reflex dans le domaine de la vidéographie professionnelle et de la réalisation de films.

Pour les reflex d’aujourd’hui, la capture vidéo est une fonctionnalité standard et le D5 et le D850 de Nikon, ainsi que l’EOS 5D IV de Canon par exemple, proposent de la capture vidéo en 4K de suffisamment bonne qualité pour répondre aux besoins professionnels, sauf les plus exigeants. Les réalisateurs professionnels s’orienteront plutôt vers les caméras professionnelles et les caméras cinéma, mais les appareils photo à objectifs interchangeables s’immiscent toujours de plus en plus sur ce territoire.

La gamme 5D est plébiscitée par les photographes comme par les vidéastes depuis de nombreuses années.

Le problème avec la conception d’un reflex est que la capture vidéo est un peu un acte contre nature. Car elle sous-entend de bloquer le miroir en position haute et exposer le capteur de manière continue d’une façon pour laquelle ces appareils n’ont pas été conçus. Ce n’est pas un problème en soi, car c’est ce que font les hybrides tout le temps, mais le fait de devoir bloquer le miroir est un peu contraignant techniquement.

Pire encore, les systèmes autofocus des reflex ont généralement été conçus pour être utilisés à travers le viseur en utilisant un capteur autofocus à détection de phase séparé. Celui-ci est désactivé durant l’utilisation du Live View ou pendant la capture vidéo et bien que Canon ait développé un système autofocus Dual Pixel CMOS intégré à son capteur qu’il utilise à la fois sur sa gamme de reflex et d’hybrides, les reflex de Nikon dépendent toujours de l’autofocus à détection de contraste relativement lent du mode Live View pour la vidéo.

Mais les hybrides sont tout de même meilleurs

Les reflex peuvent filmer de bonnes vidéos pour les professionnels dont les clients ont besoin d’un peu de vidéos en plus de leurs photos. Mais les appareils hybrides ont eu des années pour développer des systèmes autofocus intégrés à leurs capteurs de qualité supérieure à ceux des reflex et bénéficient également de la majorité des avancées technologiques dans le domaine de la vidéo.

Le GH5 de Panasonic est l’hybride vidéo par excellence, il est l’un des plus utilisé par les vidéastes amateurs et professionnels.

Sony a ouvert la voie avec ses vidéos 4K « suréchantillonnées » de haute qualité avec sa série d’appareils hybrides A7 et des modèles comme le A7 III et Fujifilm et Panasonic proposent actuellement des appareils capables de capturer des vidéos en 4K à 60/50IPS pour des effets de slow motion x2 avec leurs modèles X-T3 pour Fujifilm et GH5 et GH5S pour Panasonic.

Si vous avez besoin de filmer de manière occasionnelle, un reflex sera suffisant, mais si vous filmez beaucoup (ou que ça représente la partie la plus importante de votre travail), un hybride sera un meilleur choix. La différence ne se situe pas seulement au niveau du boîtier – les optiques pour hybrides sont de plus en plus équipées d’actionneurs de mise au point de haute technologie et de moteurs autofocus pas à pas (Stepping motor) silencieux pouvant effectuer des transitions douces et silencieuse lors de la capture vidéo, alors que la majorité des optiques pour reflex a été conçue à un moment où ces besoins n’existaient pas encore.

Reflex vs hybrides : Fonctionnalités et conclusions

Pour certaines personnes, c’est la disponibilité d’une ou de deux fonctionnalités indispensables à leur pratique photographique qui les poussera à s’orienter vers les hybrides. Il y en a beaucoup trop pour toutes les lister ici, mais même si nous en prenons une seule en exemple, à savoir l’obturateur silencieux, nous voyons rapidement quelle différence pratique cela peut faire.

Tous ceux amenés à photographier régulièrement dans des environnements où la discrétion est essentielle, apprécieront le fait que leur appareil photo puisse photographier vraiment sans bruit et pas seulement avec un bruit réduit. Les reflex offrent peut-être des modes « silencieux » ou « discret », mais ceux-ci ne font qu’amortir ou retarder le son mécanique et ne peuvent pas l’éliminer totalement. Cela dit, le D850 de Nikon offre un mode Live View réellement silencieux – les hybrides ne sont donc pas les seuls à pouvoir le faire.

Dans certains cas, les technologies que sont amenés à développer les fabricants d’appareils photo hybrides peuvent également profiter aux reflex. L’autofocus intégré au capteur Dual Pixel CMOS sur les reflex Canon comme les EOS 5D IV et EOS 80D en est l’un des exemples, et le mode obturateur silencieux du D850 de Nikon en est un autre.

Les hybrides ont tout de même besoin d’obturateurs mécaniques, même s’ils sont dépourvus de miroirs. Pour le moment, les obturateurs « électroniques » ne sont pas en mesure de capturer la totalité de la surface du capteur suffisamment vite pour figer des sujets bougeant rapidement et donc, bien qu’ils proposent des vitesses d’obturation ultra rapides aux grandes ouvertures pour les jours très ensoleillés, ils ne sont pas très performants en ce qui concerne les objets en mouvement.

Quand opter pour un reflex ?

Les adeptes des hybrides vont essayer d’argumenter contre, mais en vérité, il en faut pour tous les goûts. Les reflex ont des inconvénients, mais ils ont également des avantages. Ils sont plus grands, plus gros, plus massifs et offrent plus de prise. Ils se comportent mieux avec de gros objectifs (et les objectifs sont de plus en plus gros au fil des années), ils disposent de plus d’espace pour loger des contrôles physiques externes, vous perdez donc moins de temps à naviguer dans les menus en tapotant sur votre écran (essayez quand il est humide, quand il y a du brouillard, de la pluie ou que vous portez des gants) et leurs batteries durent toute la journée, pas seulement la matinée.

Ils sont aussi équipés de viseurs optiques. Les utilisateurs d’hybrides s’en moquent peut-être, mais les fans de reflex n’abandonneraient pour rien au monde la possibilité de voir à « l’œil nu » au profit d’une simulation, si bonne soit elle.

Encore une chose. Si vous disposez d’un budget serré, vous aurez beaucoup de mal à trouver un appareil photo hybride avec viseur pour le même prix qu’un reflex – et les reflex ont tous des viseurs. En fait, nous irons même plus loin. Vous ne pourrez pas trouver un hybride APS-C avec viseur pour le même prix que le D3500 de Nikon ou le EOS 2000D de Canon. Sauf peut-être le A6000 de Sony, mais il a déjà cinq ans.

Les reflex sont toujours le meilleur choix si vous aimez que votre appareil photo soit grand, massif et dispose de contrôles physiques. Ils peuvent être utilisés pour la vidéo, mais si c’est ce qui vous intéresse le plus, vous devriez probablement vous orienter vers un hybride.

Quand opter pour un hybride ?

Les boîtiers des hybrides sont de petite taille et en choisissant bien, vous pourrez même trouver de petits objectifs à monter dessus – bien que ce ne soit possible qu’avec les appareils équipés de capteurs micro 4/3, car ceux équipés de capteurs APS-C disposent d’objectifs tout aussi encombrants que leurs homologues reflex.

Si vous êtes un Instagrameur, un influenceur, un bloggeur ou un vloggeur, un appareil photo hybride comme le PEN E-PL9 d’Olympus ou le EOS M50 de Canon, seront parfaits pour vous. Ils sont petits, légers, polyvalents et disposent d’écrans inclinables et orientables qui facilitent les prises de vues dans toutes sortes de positions. Ils sont parfaits, à la fois pour la vidéo et pour la photo et peuvent facilement se caser dans un sac.

Si vous êtes un vidéaste pro ou semi pro, un hybride sera également votre meilleur choix. Car ils disposent de toutes les dernières avancées technologiques au niveau de la vidéo, des optiques dédiées, du matériel et des accessoires avec des appareils comme le Z 6 de Nikon ou le A7 III de Sony.

Mais si vous êtes plutôt un photographe, vous essayant de manière occasionnelle à la vidéo, le choix sera plus difficile à faire et vous devrez décider ce que vous souhaitez privilégier. Le marché se dirige vers les hybrides, mais les reflex sont toujours bien vivants et beaucoup d’utilisateurs seraient ravis de continuer à utiliser cet ancien design à la résistance et à la polyvalence éprouvée.

Les reflex ne sont pas morts. Les appareils photo hybrides sont peut-être le futur de la photographie, mais leur temps n’est pas encore venu et pour l’instant, les reflex se débrouillent toujours brillamment dans ses domaines où les hybrides parviennent à peine à les égaler.

A propos de l'auteur

Image Numérique

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